COMPARAISON ENVIRONNEMENTALE
de l'option
LIGNE H.T. TIHANGE - VERBRANDE BRUG
Et de l'option
LIGNE H.T. TIHANGE - COURCELLES
plus
LIAISON SOUTERRAINE H.T. TIHANGE - AVERNAS
TABLE DES MATIERES
1. Introduction
1.1. Programme national d'équipement 1995-2000 et liaisons HT
1.2. Mission du groupe d'experts "environnement"
2. Liaisons électriques HT et développement durable
2.1. L'approche proposée par les experts
2.2. Application aux liaisons HT
3. Méthodologie pour évaluer l'impact des lignes aériennes HT sur l'environnement
3.1. Effets sur le milieu physique
3.2. Effets sur le milieu biologique (flore, faune, biotopes, relations écologiques)
3.3. Effets sur le milieu humain
3.4. Effets sur le paysage
3.5. Couplage des lignes aériennes HT avec les grandes infrastructures linéaires
4. Méthodologie pour évaluer l'impact des liaisons souterraines HT sur l'environnement
4.1. Effets sur le milieu physique
4.2. Effets sur le milieu biologique (flore, faune, biotopes, relations écologiques)
4.3. Effets sur le milieu humain
4.4. Effets sur le paysage
5. Application : évaluation environnementale de loption ligne HT Tihange - Verbrande Brug et de l'option ligne HT Tihange - Courcelles avec la liaison souterraine Tihange - Avernas
5.1. Quantification des impacts environnementaux de la ligne aérienne HT Tihange - Verbrande Brug
5.2. Quantification des impacts environnementaux de la ligne aérienne HT Tihange - Courcelles
5.3. Quantification des impacts environnementaux de la liaison souterraine HT Tihange - Avernas
6. Synthèse et conclusions
1.1. Programme national d'équipement 1995-2000 et liaisons HT
En novembre 1995, le Comité de gestion des entreprises d'électricité (CGEE) dépose auprès du Gouvernement fédéral la proposition de plan d'équipement en moyens de production et de transport d'énergie électrique pour la période 1995-2005.
En ce qui concerne l'aspect "transport d'électricité", le gouvernement fédéral, avant de se prononcer définitivement sur le construction de nouvelles liaisons haute tension (HT), a estimé utile de demander diverses questions :
d'examiner la faisabilité de tirer une 2e ligne entre Tihange et Courcelles sans dédoublement des pylônes;
d'étudier la mise en souterrain d'un maximum de lignes proposées;
pour toutes le autres lignes, de prévoir un nouveau tracé le long d'infrastructures existantes, telles que voies ferrées et autoroutes, afin de minimiser l'impact sur l'environnement;
d'examiner la faisabilité de relier directement entre eux les trois centres de production d'énergie nucléaire (Chooz, Tihange, Doel).
Ces quatre questions comportent des aspects techniques et économiques, mais également des aspects environnementaux importants. Dès lors, la société CPTE se, propriétaire et gestionnaire du réseau électrique belge à haute tension, a décidé de confier une mission d'étude et d'avis à un groupe d'experts universitaires.
1.2. Mission du groupe d'experts "environnement"
La volonté exprimée par CPTE pour la formation de ce groupe d'experts a été de réunir dans une approche multidisciplinaire des spécialistes de l'évaluation de l'impact de grandes infrastructures sur l'environnement (notamment les aspects paysage, sol, sous-sol, nature et milieu humain).
Ce groupe est composé de:
Prof M. Antrop, Vakgroep geografie, RUG,
Prof Mme Delepiere, Économie des transports, ULB en UEMs,
Prof A. Froment, Écologie terrestre, ULG,
Prof. H. Gulinck, Land- en Waterbeheer, KUL,
Prof R. Poncelet, Génie électrique, ULB,
Ir. J. Smitz, Etude et Modélisation de l'Environnement, ULG,
Prof R. Verheyen, Toegepaste Ecologie, UIA.
La mission du groupe d'experts universitaires consiste à étudier les incidences environnementales des nouvelles liaisons HT envisagées, dans le cadre des réponses à apporter au Gouvernement fédéral.
Les experts ont accepté cette mission à la condition impérative de pouvoir effectuer leurs travaux et remettre leurs avis et suggestions en toute indépendance, ce qui a été accepté par CPTE. La conviction des experts est en effet que la mission qu'ils ont acceptée consiste, au travers d'un travail technique pour compte d'un maître d'ouvrage, à mettre leur expertise au service de la communauté, en fournissant les éléments objectifs qui doivent permettre de quantifier les enjeux environnementaux et de poser le débat pour tous les acteurs concernés (autorités publiques, population secteur électrique).
Les éléments qui résultent du travail du groupe d'experts et qui peuvent être utilisés par les Gouvernements (le Gouvernement fédéral et les Gouvernements régionaux) comme base technique pour leurs prises de décisions consistent dès lors en une évaluation de l'impact environnemental des liaisons HT proposées.
En outre, les experts ont estimé que l'examen de l'impact environnemental de projets de liaisons HT n'a de sens qu'à condition de pouvoir s'assurer préalablement du caractère nécessaire ou suffisant des liaisons HT proposées. Pour cet aspect, un critère a été adopté et évalué par les experts.
Ces éléments doivent être complétés par des évaluations de coûts, à fournir par CPTE coûts des liaisons HT proposées
- (coûts d'investissement et coûts d'exploitation, y compris les coûts liés aux pertes électriques des liaisons HT);
- coûts des compensations éventuellement nécessaires pour maintenir l'impact global des liaisons HT à un niveau de statu quo ou pour obtenir une réduction d'impact (voir ci après).
2. Liaisons électriques HT et développement durable
2.1. L'approche proposée par les experts
Le groupe d'experts a estimé d'emblée qu'il est indispensable d'examiner la problématique des . liaisons HT dans une approche globale, qui ne soit pas simplement technique et environnementale, mais qui puisse s'inscrire dans la perspective du développement durable, tel que défini à la Conférence de Rio et approuvée dans son principe tant par le Gouvernement fédéral que par les trois Gouvernements régionaux.
Les experts sont conscients du fait que, en étudiant de façon individualisée la problématique des liaisons HT par rapport au développement durable, ils n'examinent qu'un sous ensemble particulier de la problématique globale de la filière énergétique par rapport au développement durable, et que l'analyse globale de cette problématique reste encore à faire. Mais ils sont convaincus que la démarche qu'ils développent pour les liaisons HT pourra s'inscrire ultérieurement dans un débat plus large.
La transposition du concept de développement durable à la problématique des liaisons HT conduit à se fixer comme objectifs :
1) d'éviter impérativement les atteintes majeures à l'environnement, c-à-d les atteintes importantes et durables;
2) de limiter l'impact environnemental global au niveau actuel (principe du "no-net-loss") et si possible d'obtenir une réduction de l'impact.
Dès lors, comme toute implantation d'une nouvelles liaison HT (que ce soit une ligne aérienne ou un câble souterrain) s'accompagne automatiquement d'un impact environnemental supplémentaire, une application directe du concept de développement durable entraîne le fait que toute nouvelle liaison ne peut être implantée que si cette implantation s'accompagne de réductions équivalentes des impacts (méthode de compensation), par exemple par la suppression de lignes aériennes existantes et/ou la mise en souterrain de lignes aériennes existantes.
Tout secteur d'activité économique devrait faire de cette manière une analyse de ses activités par rapport au développement durable et définir de nouveaux objectifs de manière à ce que le développement économique et social s'accompagne d'une amélioration continue de l'environnement. Comme les instruments économiques seront de plus en plus utilisés pour mettre en place les politiques d'environnement et de développement durable, chaque secteur d'activité devrait intégrer dans sa vision prospective le fait que les coûts de la dégradation de l'environnement seront progressivement "internalisés" dans les coûts de tous les biens et de tous les services.
Cette prise en compte de l'environnement et du développement durable entraîne une approche nouvelle pour les nouveaux projets :
1) la prise en compte de l'environnement le plus en amont possible (c-à-d au stade même de la conception du projet) et selon un schéma hiérarchisé cohérent (voir ci-après);
2) la prise en compte d'alternatives au projet : dans l'esprit du développement durable, la notion d'alternative doit conduire d'entrée de jeu au réexamen des solutions conduisant à des atteintes majeures.
Avec une telle approche, les atteintes importantes et durables ne sont plus créées, la recherche d'autres solutions techniques devant leur permettre de les éviter.
Cette approche peut d'ailleurs être considérée comme une généralisation de l'approche économique traditionnelle, mais étendue aux aspects environnementaux : il s'agit de prendre en compte non seulement le coût de création et d'exploitation du projet, mais également le "coût" environnemental des impacts générés par le projet (pendant sa construction et son exploitation). Si le "coût" environnemental est très important ou si l'augmentation du coût économique est très importante à cause des contraintes environnementales, le coût global du projet devient exorbitant et doit conduire à faire modifier le projet.
2.2. Application aux liaisons HT
L'approche définie ci-avant permet de proposer une démarche en 5 niveaux hiérarchisés pour la prise en compte de l'environnement dans la problématique des liaisons HT:
1er niveau d'options : options d'objectifs :
Dans le cadre général défini par le Gouvernement, s'il apparaît qu'une augmentation de capacité de transport HT est nécessaire, quel objectif environnemental doit être atteint ? Autrement dit, l'augmentation de capacité de transport va-t-elle conduire à augmenter l'impact des liaisons HT sur l'environnement, préserver un statu quo par rapport à la situation actuelle, ou peut-elle aboutir à une réduction de l'impact global ?
2e niveau : option de méthodes :
Si le choix se porte sur un statu quo ou sur une diminution des impacts, l'objectif peut être atteint par différentes méthodes :
soit le renforcement de lignes existantes là où c'est techniquement possible, soit l'établissement de nouvelles lignes aériennes avec suppression concomitante de lignes existantes, soit l'établissement de lignes souterraines (dont les impacts sont généralement plus faibles et/ou plus facilement compensables, soit des solutions mixtes. C'est à ce niveau que doit se situer l'appréciation de l'impact important et durable des différentes méthodes en présence afin d'éviter les atteintes majeures à l'environnement.
3e niveau : options de modes de réalisation :
C'est à ce niveau que se situe l'appréciation de réduire le plus possible les atteintes à l'environnement par le choix des tracés les moins dommageables. En particulier, c'est à ce niveau que doit être examinée la question posée par le Gouvernement d'un couplage des nouvelles liaisons projetées avec les grandes infrastructures.
4e niveau : option de localisation détaillée :
Une fois l'option de méthode (ligne aérienne, liaison souterraine) et un tracé général choisis, il s'agit de réaliser la réduction maximum des impacts locaux.
5e niveau : mesures d'accompagnement et de compensation :
Elles permettent de rééquilibrer la qualité de l'environnement en fonction des aspects négatifs rélictuels qui existent encore.
L'application de la logique d'approche hiérarchique (voir ci-avant) conduit donc à considérer 3 types de mesures successives :
1) Les mesures d'évitement :
Il s'agit d'éviter les atteintes majeures, c-à-d provoquant un impact important et durable.
Pour une ligne aérienne HT, l'impact est estimé important si la nouvelle ligne HT introduit par exemple :
- un morcellement significatif d'une grande zone encore intègre (c-à-d une zone-type d'un seul tenant, non encore traversée par une grande infrastructure linéaire telle que autoroute, voie de chemin de fer, ligne HT);
- une perte d'identité importante (altération patrimoniale) par exemple dans des zones ayant une identité paysagère marquée;
- un impact important dans une zone sensible ou à capacité d'absorption/insertion faible.
Un impact est considéré comme durable s'il persiste au-delà d'une période de 10 à 20 ans.
Compte tenu de la durée de vie moyenne d'une ligne HT (plus de 30 ans), l'impact d'une ligne HT est donc à considérer, à priori, comme durable. Cependant, cet impact reste réversible, puisqu'il est toujours possible, à tout moment, de démanteler la ligne.
2) Les mesures de réduction:
L'impact introduit par l'implantation d'une liaison HT peut être réduit en utilisant au mieux les configurations existantes et en choisissant l'infrastructure technique la mieux adaptée.
Concrètement, ces mesures consistent par exemple pour une ligne aérienne:
- à utiliser les couloirs électriques existants : une ligne 380 kV peut remplacer une ligne existante 150 kV ou 220 kV en introduisant un surplus d'impact relativement limité (ceci n'est pas vrai pour le remplacement d'une ligne 70 kV par une ligne 380 kV);
- à utiliser la proximité d'infrastructures existantes d'échelle et de gabarit semblables, comme les autoroutes (mais ceci peut induire d'autres impacts, comme un effet de cumul);
- à choisir un design de pylône adéquat;
- à exploiter au mieux la capacité d'absorption / d'insertion du paysage.
3) Les mesures de compensation pour les atteintes rélictuelles (c-à-d qui n'ont pu être évitées ou réduites) :
Les principes à utiliser pour le choix des mesures de compensation sont:
L'approche proposée demande donc que soit développée une méthodologie permettant de quantifier l'impact des liaisons HT sur l'environnement et de quantifier les compensations éventuellement nécessaires. Cette méthodologie est également indispensable pour répondre aux questions du Gouvernement, puisque celles-ci imposent la comparaison d'options.
3. Méthodologie pour évaluer l'impact des lignes aériennes HT sur l'environnement
Les effets directs des lignes aériennes HT sur l'environnement peuvent être divisés en 4 types d'impacts :
Des effets spécifiques sont possibles pendant :
Une attention particulière doit être accordée à la question du couplage des lignes aériennes HT avec les grandes infrastructures (voir § 3.5).
Indépendamment de ces effets directs, il est utilise de prendre en compte également un effet indirect des liaisons HT sur l'environnement. En effet, le fonctionnement du réseau HT entraîne une dissipation (= une perte) d'énergie dans les conducteurs. La mise en place d'une nouvelle liaison HT au sein d'un réseau HT maillé existant entraîne généralement (pour une configuration donnée des centrales et des lignes HT) une diminution de l'intensité des courants qui circulent dans l'ensemble du réseau et donc entraîne une diminution des pertes d'énergie électrique de l'ensemble du réseau, Cet effet doit être pris en compte parce qu'il entraîne une modification du bilan des émissions des centrales électriques.
3.1. Effets sur le milieu physique
Pour une ligne aérienne, les effets sur le milieu physique sont faibles, essentiellement limités aux surfaces des socles des pylônes, et peuvent donc être considérés comme non significatifs pour l'évaluation de l'impact environnemental global d'une ligne HT.
Cet aspect est cependant à prendre en considération ultérieurement lors de la phase d'implantation précise des pylônes. Il faut tenir compte à ce moment, entre autre, de l'impact des voies d'accès nécessaires pour exécuter les travaux.
3.2. Effets sur le milieu biologique (faune, flore, biotopes, relations écologiques)
Les données de base utilisées sont les suivantes :
La méthodologie développée pour la quantification des effets d'une ligne HT sur le milieu biologique comporte 4 étapes :
1) Evaluation de la valeur biologique des zones coupées par la ligne Cette évaluation, basée sur la carte d'évaluation biologique, se fait par un classement des zones en 3 niveaux: zones de très grande valeur biologique, zones de grande valeur biologique, et le reste, considéré de faible valeur biologique.
2) Evaluation de la sensibilité des écotopes aux effets d'une ligne aérienne HT: Les effets sont la perte de biotopes et le morcellement, causés principalement par l'enlèvement d'arbres et d'autres éléments écologiques du paysage, le changement de biotopes et l'effet de barrière (y compris mortalité des oiseaux). La méthode choisie est de déterminer une sensibilité globale aux 3 effets : par écotope ou unité biologique déterminé sur les carte, la sensibilité peut être définie selon une échelle à 3 niveaux : très sensible, sensible, peu sensible.
3) Evaluation des zones vulnérables: La vulnérabilité est évaluée par une combinaison de la valeur biologique et de la sensibilité aux effets d'une ligne HT. Une échelle à 4 niveaux de vulnérabilité est définie (extrêmement vulnérable, très vulnérable, vulnérable et peu vulnérable).
4) Quantification de l'impact sur le milieu biologique:
Les zones coupes par la ligne HT sont classées par classe de vulnérabilité et les longueurs des segments sont évaluées.
Des réductions locales des impacts sont appliquées
- là où une nouvelle ligne 380 kV vient en place d'une ligne 150 kV, sur le même tracé aucune longueur n'est comptée, l'effet supplémentaire sur le milieu biologique étant considéré comme insignifiant;
- si la ligne est couplée à une grande infrastructure (autoroute, ligne de chemin de fer, autre ligne HT), à une distance courte (moins de 100 m), les valeurs sont divisées par 2, car un des effets importants ne joue pas (la nouvelle ligne ne crée pas d'effet de morcellement supplémentaire).
Deux méthodes de pondération sont utilisées pour quantifier l'effet global : pondération linéaire (coefficients : 1,2,3,4) ou exponentielle (coefficients : 1,2,4,8). Dans la méthode linéaire, un tracé long dans des zones de faible vulnérabilité peut avoir un plus grand impact qu'un tracé court traversant des zones très vulnérables. Avec la pondération exponentielle, les classes de grande vulnérabilité influencent plus fortement le résultat.
3.3. Effets sur le milieu humain
Les points qui peuvent poser problème sont mis en évidence dans un corridor de 5OO m de part et d'autre de la ligne. Trois critères sont utilisés :
1) traversée de zones d'habitat, de zones d'extension d'habitat et de zones à caractère paysager,
2) proximité de zones de récréation;
3) proximité de sites de grande valeur pour ce qui concerne le vécu quotidien.
Un classement peut être fait en :
-zones très sensibles : par exemple surplomb des habitations par la ligne HT (considéré comme non compensable, sauf rachat);
-zones sensibles.
La quantification faite actuellement est le comptage des zones sensibles et très sensibles.
Les effets d'une ligne aérienne HT sur le paysage peuvent être quantifiés via 5 critères :
Ces critères ont été choisis notamment afin de correspondre au mieux aux dispositions du récent décret de la Région flamande relatif à la protection des paysages.
1) Effet sur l'intégrité du paysage à grande échelle :
Dans cette première étape, le paysage est appréhendé à l'échelle des grands paysages régionaux-types (Hesbaye, Hageland, Condroz, etc.), via la carte des zones agrogéographiques de la Belgique au 1/300.000. En Région flamande, les zones paysagères sont définies par la division des paysages traditionnels. Une division similaire n'existant pas pour la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale, et puisqu'il est nécessaire d'avoir une division spatiale unique couvrant toute la Belgique, la carte des zones agro-géographiques est utilisée.
A partir des tracés des grandes infrastructures (autoroutes, voies de chemin de fer, lignes HT, etc.), ont été déterminés les couloirs de perception visuelle de ces grandes infrastructures. La largeur de ces couloirs est prise égale à 3 km de part et d'autre des lignes 220 kV et 380 kV 2 ternes (porté à 4 km pour les lignes 380 kV 4 ternes et pour deux lignes 380 kV 2 ternes couplées), 2 km pour les lignes 150 kV et 1 km pour les lignes 70 kV. La détermination est ensuite faite du morcellement physique et des ruptures visuelles à grande échelle des paysages régionaux-types.
La description de la situation actuelle est obtenue, pour chaque paysage régional-type, par la quantification de la superficie totale visuellement affectée en son sein. Cette valeur absolue est relativisée par la superficie du paysage-type concerné. Cette méthode permet d'évaluer l'intégrité des grands paysages régionaux-types.
L'implantation d'une nouvelle ligne HT introduit une rupture visuelle qui, selon le lieu d'implantation, altère ou non, selon les cas, les "poches" intègres des grands paysages régionaux.
Deux critères sont utilisés pour quantifier l'impact d'une nouvelle ligne HT sur l'intégrité d'un paysage régional :
- la réduction de la surface (en valeur absolue ou en valeur relative) des grandes "poches" intègres des paysages régionaux, provoquée par l'effet de coupure visuelle à grande échelle de la nouvelle ligne HT;
- la surface des zones intègres altérées par la nouvelle coupure visuelle (valeur absolue) ou le pourcentage de la surface intègre altérée par la coupure visuelle (valeur relative).
2) Effet sur l'identité du paysage :
La deuxième étape de l'évaluation de l'impact paysager d'une ligne HT concerne l'atteinte à l'identité du paysage, c-à-d la typicité du paysage par rapport au cadre de référence que constituent les grandes régions paysagères ou leurs sous-régions (paysages traditionnels). Cet élément correspond à la valeur "patrimoine" du paysage et de ses éléments constitutifs.
Les données de base sont les cartes au 1/50.000, les plans de secteurs, l'inventaire des monuments et sites classés, les arrêtés des Gouvernements régionaux.
Pour évaluer l'identité du paysage, l'espace est qualifié selon une échelle d'identité en 4 classes : zones de contraintes (pour lesquelles l'intérêt paysager est reconnu par une disposition légale, telle que l'inscription au plan de secteur), zones de très grande qualité paysagère, zones de grande qualité paysagère, zones de faible qualité paysagère. Les espaces urbains ou industriels ne sont pas pris en considération.
Les cartes de l'identité des paysages, ainsi établies, montrent la qualité du paysage des régions concernées, abstraction faite des lignes déjà existantes.
La quantification de l'impact d'une ligne HT sur l'identité du paysage se fait en utilisant deux systèmes de pondération :
L'impact absolu de la ligne HT sur l'identité du paysage est évalué par la somme pondérée des superficies affectées dans chaque classe d'identité. Le chiffre obtenu est fonction de la longueur du tracé et de la valeur de l'identité du paysage des zones traversées. On peut obtenir un indice d'impact relatif en rapportant le total à la longueur du tracé.
3) Effet sur la perception du paysage (visibilité) :
Les zones à partir desquelles la ligne est réellement perceptible sont calculées par une méthode numérique, via la superposition, au modèle numérique de terrain décrivant le relief, de la hauteur de la ligne et des zones boisées (formant écran).
4) Interaction entre la ligne et la structure du paysage -
Les segments de la ligne HT qui présentent une interaction négative avec la structure du paysage sont identifiés. Deux niveaux sont adoptés, notamment en fonction des capacités d'absorption et d'insertion du paysage : interactions négatives (la surface affectée est alors évaluée par une bande de 1000 m de part et d'autre des segments identifiés) et interactions très négatives (la surface affectée est alors évaluée par une bande de 2000 m de part et d'autre des segments identifiés).
L'interaction négative globale entre la ligne et la structure des paysages traversés est évaluée par la somme des surfaces concernées.
5) Le statut selon les plans d'Aménagement du Territoire :
Le relevé des zones bénéficiant d'un statut de protection est effectué, à partir de l'inventaire des sites et monuments classés, des plans de secteurs, ainsi que des arrêtés relatifs aux parcs naturels régionaux reconnus, La méthode de quantification consiste à établir une évaluation globale des surfaces concernées avec pondération (5 : site classé; 4 : parc naturel; 3 : zone d'intérêt paysager; 2 : zone d'intérêt historique, culturel et/ou esthétique).
3.5. Couplage des lignes aériennes HT avec les grandes infrastructures linéaires
On peut distinguer des arguments favorables et des arguments défavorables (du point de vue du paysage) au couplage des lignes HT avec de grandes infrastructures linéaires. Les relations visuelles entre la ligne HT et la structure du paysage doivent également être examinées.
1) Arguments favorables (du point de vue du paysage) au couplage des lignes HT avec de grandes infrastructures linéaires
Il faut pourtant tenir compte des rapports d'échelle visuels de l'élément nouveau vis-à-vis de l'ancien. Un couplage de deux structures aussi volumineuses l'une que l'autre est souvent ressenti comme pire que le couplage de structures de différentes dimensions visuelles.
2) Arguments défavorables (du point de vue du paysage) au couplage des lignes HT avec de grandes infrastructures linéaires
3) relations visuelles entre lignes HT et structure du paysage :
Par leur nature et à cause des entités spatiales qu'elle relient, les lignes HT ont rarement un lien logique avec le paysage qu'elles parcourent. En outre, on ne parvient pas, ou à peine, à les camoufler. Qu'elles soient couplées ou non avec d'autres grandes infrastructures, cette incompatibilité reste marquante.
Il existe plusieurs raisonnements qui donnent un certain degré de rationalité à la relation visuelle de la ligne HT avec le contexte du paysage. Lorzing (1983) part de l'hypothèse que la ligne HT et la structure du paysage traversé ont leurs propres logiques, qu'on ne peut tenter de relier. En d'autres mots, surtout dans des paysages à fine structuration (paysages à bocages, etc.), on ne peut créer de fausses suggestions de cohérence par des tentatives de maillage spatial: la ligne HT devrait parcourir le paysage de façon visiblement indépendante.
Pour pertinentes qu'elles soient, ces remarques se heurtent au contexte paysager particulier de la Belgique et plus spécifiquement de la Flandre (densité de population, pressions urbaines, importance des réseaux d'infrastructures, etc.). En outre, par les ajustements de tracé (" subordination " visible du tracé à la structure du paysage par déviations du tracé et couplage local là où c'est possible) et par le design des pylônes, on peut obtenir une augmentation de la lisibilité et de la cohérence.
Plusieurs arguments plaident en faveur de l'élimination de l'entrelacement des lignes électriques, qui mène souvent à la formation d'un " paysage de lignes ", qui est beaucoup plus dérangeant qu'une ligne HT bien construite et indépendante du paysage traversé.
Couplage des lignes aériennes HT avec les grandes infrastructures linéaires : conclusion
Le couplage ne peut pas être considéré comme un concept de projet qui doit être appliqué ou rejeté de façon systématique.
Le contexte local indiquera si l'application du couplage est ou non le " moindre mal ".
4. Méthodologie pour évaluer l'impact des liaisons souterraines HT sur l'environnement
Comme pour les lignes aériennes, les effets des lignes souterraines HT sur l'environnement peuvent être divisés en :
Des effets spécifiques sont possibles pendant la phase d'établissement de la ligne et pendant la phase d'opération, y compris la maintenance et les éventuelles interventions/réparations.
La méthode d'évaluation des effets présentée ci-après est développée spécifiquement pour les liaisons souterraines HT en " cross-country ". Les liaisons souterraines HT " en voirie " présentent en effet un impact sur l'environnement beaucoup plus faible (excepté la gêne pour les riverains pendant la période de travaux, qui reste significative).
4.1. Effets des liaisons souterraines HT sur le milieu physique
Le milieu physique considéré est le sol. Pour la quantification des effets sur les sols, les données de base utilisées sont les suivantes: carte des sols de Belgique (1/20.000), databank Aardewerk (Van Orshoven en Vandenbroucke, 1993), données des profils des sols (base de données consultable à ILWB, KUL).
Les effets d'une liaison souterraine sur les sols peuvent être estimés sur base de plusieurs critères :
1 ) Compactage et dégradation et structure :
Ces deux critères concernent l'impact direct sur la substance du sol, causé par les pressions externes dues à la circulation, les déblais, etc.
La sensibilité au compactage s'exprime en fonction de la granulométrie (texture). On peut définir quatre classes de sensibilité au compactage : sensibilité très élevée, élevée, moyenne, faible.
La sensibilité à la dégradation de structure (battance) se calcule par le facteur d'érodibilité (facteur K). Pour la quantification de la sensibilité à la dégradation de structure, les paramètres suivants sont utilisés : distribution en classes granulométriques, taux de matière organique, indice de structure et capacité d'infiltration. Quatre classes de sensibilité peuvent être définies: sensibilité très élevée, élevée, moyenne, faible (Bolline et Rosseau, 1978).
Ces deux critères peuvent être combinés, de telle sorte que les caractéristiques du sol peuvent être réparties en 4 classes de sensibilité.
2) Erodibilité:
Des sols limoneux peu couverts de végétation sont certainement, après une dégradation structurelle, très sensibles à l'érosion par la pluie. La quantité de matière transportée est calculée à l'aide de l'équation Universelle de Perte des Sols (USLE), dans laquelle quatre paramètres sont introduits : érosivité de la pluie, érodibilité du sol, facteur de longueur de pente, facteur d'intensité de la pente et facteur de contrôle d'érosion. En fonction de la quantité annuelle de matière transportée, 4 classes de sensibilité à l'érosion peuvent être définies : sensibilité très élevée, élevée, moyenne, faible.
3) Perturbation du profil pédologique :
Un sol non remué possède en principe une stratification en horizons pédologiques. Les perturbations du sols (remuement) entraînent outre une redistribution des nutriments, essentiellement des changements de caractéristiques hydrodynamiques. L'effet de perturbation de la stratification sur la capacité de charge en eau a été simulé sur base de fonctions de transferts spécifiques (basées sur les fonctions de Van Genuchten).
4) Changements dans l'utilisation du sol et dans l'aptitude du sol:
Les caractéristiques du sol altérées après l'exécution de travaux peuvent avoir une influence sur l'utilisation du sol et sur ses aptitudes. Une évaluation des aptitudes peut se faire à partir du modèle de bilan hydrique WAVE. Ce modèle permet, par simulation de la dynamique hydrique, d'estimer les conséquences que peuvent avoir par exemple la mise en place d'une couche de dolomie ou d'une modification des horizons sur la productivité des sols agricoles.
4.2. Effets des liaisons souterraines HT sur le milieu biologique
Les données de base utilisées sont : la carte d'évaluation biologique, la carte IGN au 1/25.000 actualisée par les orthophotoplans et les photos aériennes (voir § 5.2).
Les effets sur le milieu biologique d'un câble souterrain (effets permanents) peuvent être évalués par la méthode suivante:
1) La valeur biologique des écotopes est évaluées sur une échelle à 3 niveaux : très grande qualité biologique, grande qualité biologique, faible qualité biologique.
2) Ensuite, est évaluée la sensibilité des milieux en ce qui concerne les changements d'écotopes causés par la présence des câbles souterrains, sur une échelle à 2 niveaux sensible (classe 2) et peu sensible (classe 1).
On considère que la perte permanente d'écotopes n'intervient pas dans le cas des câbles souterrains. Dans certains cas (écotopes avec végétation haute et racines profondes), intervient une modification permanente des écotopes, puisque la végétation haute doit être enlevée et ne peut être remplacée, mais qu'elle peut être remplacée par un autre type de végétation.
3) La sensibilité des écotopes à l'assèchement est évaluée, sur base d'une échelle à 3 niveaux: très sensible (classe 3), sensible (classe 2), peu sensible (classe 1). La méthode développée par D. De Baere est utilisée avec 3 classes de sensibilité.
4) La vulnérabilité des écotopes est évaluée, comme étant le produit du coefficient représentant la valeur biologique par la somme des coefficients représentant les sensibilités au changement d'écotope et à l'assèchement.
Cette approche permet de définir une échelle de vulnérabilité totale en 4 niveaux extrêmement vulnérable, très vulnérable, vulnérable et peu vulnérable.
4.3. Effets des liaisons souterraines HT sur le milieu humain
Le tracé " cross-country " évite les zones bâties.
Des restrictions existent quant à l'utilisation du sol dans la bande où est localisé le câble, notamment le fait qu'aucune construction ou infrastructure permanente ne peut être érigée au-dessus de la tranchée. En outre, la bande de terrain du câble (et éventuellement une zone de travail) doit rester libre d'accès pour permettre l'accès au câble en cas d'incident (détection, réparation, etc.).
Ces contraintes sont similaires à celles existant pour d'autres infrastructures enterrées.
4.4. Effets des liaisons souterraines HT sur le paysage
L'étude de l'impact d'une liaisons souterraine sur le paysage consiste à identifier les éléments du paysage qui peuvent être altérés par le passage de la tranchée et des voies d'accès.
Les liaisons souterraines ne générant pas, contrairement aux lignes aériennes, des effets visuels à longue portée, l'étude s'effectue à une échelle fine (1/10.000 et même 1/5.000) sur base d'une connaissance précise du projet de tracé.
La même démarche globale que pour les lignes aériennes peut être utilisée
1) Identification des atteintes majeures (c-à-d importantes et durables), de manière à les éviter. Ces mesures consistent à éviter l'altération ou la destruction d'éléments paysagers surfaciques, linéaires ou ponctuels qualifiés de "patrimoniaux", c-à-d présentant un caractère remarquable ou dont l'intérêt paysager est juridiquement reconnu. Par exemple, pour les composantes végétales du paysage, il peut s'agir de zones boisées ou encore d'arbres ou de haies présentant un caractère remarquable. L'évitement concerne également les autres éléments patrimoniaux du paysage, dont notamment tous les éléments historico-culturels tels que sites archéologiques, etc.
2) Réduction des atteintes restantes:
L'impact introduit dans le paysage par une nouvelle liaison souterraine dont le tracé a été établi dans la logique des mesures d'évitement peut ensuite être atténué par adaptation locale du tracé, lorsque :
- le tracé rencontre des éléments qui, quoique non remarquables, présentent toutefois un intérêt réel à l'échelle du paysage considéré, par exemple un alignement végétal qui participe notablement à la trame organisationnelle du paysage;
- un élément patrimonial n'a pu, pour une raison quelconque, être évité : par exemple, si la traversée d'un bois remarquable est nécessaire, il peut être possible d'opter pour une coupure périphérique plutôt que centrale, etc.
- un élément patrimonial impromptu est rencontré: site non répertorié (donc non évitable à priori) par exemple.
3) Les mesures de compensation: Pour les liaisons souterraines, les mesures de compensation les plus efficaces s'effectuent sur une base restaurative.
5.1.1. Ligne HT Tihange - Verbrande Brug: impact sur le milieu physique
L'impact sur le milieu physique est très faible pour les lignes aériennes.
5.1.2. Ligne HT Tihange - Verbrande Brug: impact sur le milieu biologique
Le long du tronçon Tihange - Avernas, 3 points sensibles sont détectés, dont le passage de la ligne à la bordure sud-est du parc naturel des Vallées de la Méhaigne et de la Burdinale.
De Avernas à Boutersem, la ligne suit l'autoroute et épargne souvent les valeurs naturelles existantes, mais il existe cependant un certain nombre de points sensibles (dont des traversées de vallées) qui ne peuvent être évités.
Sur le tronçon Pellenberg - Verbrande Brug, la nouvelle ligne est construite à la place de la ligne 150 kV existante et n'entraîne pas d'impact supplémentaire sur le milieu biologique.
En appliquant la méthodologie décrite au § 6.2 (méthode d'évaluation des effets des lignes HT sur le milieu biologique), les résultats obtenus sont les suivants:
Ligne HT 380 kV Tihange - Verbrande Brug: impact sur le milieu biologique
|
longueur des zones vulnérables |
à la place d'une ligne existante (km) |
couplage avec une grde infrastruct. (km) |
tracé en site vierge (km) |
TOTAL |
|
longueur totale |
35,1 |
28,6 |
26,4 |
90,1 |
|
zones 1 |
29,8 |
26,3 |
22,7 |
78,8 |
|
zones 2 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
|
zones 3 |
3,6 |
1,5 |
2,0 |
7,2 |
|
zones 4 |
1,4 |
0,9 |
1,8 |
4,1 |
|
Valeurs d'impact |
unités d'impact |
Unités d'impact |
Unités d'impact |
Unités d'impact |
|
Méthode linéaire |
0 |
17,2 |
35,8 |
53,0 |
|
Méthode exponent.. |
0 |
19,7 |
44,8 |
64.5 |
Zones 1 = zones peu vulnérables Zones 3 = zones très vulnérables
Zones 2 = zones vulnérables Zones 4 = zones extrêmement vulnérables
Unités d'impact : calculées selon la méthodologie décrite au §
5.1.3. Ligne HT Tihange - Verbrande Brug: impact sur le milieu humain
Dans le tronçon Tihange - Vinalmont, 2 points sensibles sont détectés. Dans le tronçon Vinalmont - Avernas, 3 points sensibles sont détectés.
Dans le tronçon Avernas - Boutersem, 7 points sensibles sont détectés. Dans ce tronçon, le couplage de la ligne HT avec l'autoroute et la ligne TGV permet une utilisation rationnelle de l'espace, mais l'impact sur les habitations avoisinantes est accru (création d'un " mégacorridor ").
La partie la plus densément peuplée correspond au tronçon Pellenberg - Verbrande Brug. Dans ce tronçon, le remplacement de la ligne existante par la nouvelle ligne (presque partout pylône par pylône) entraîne une faible augmentation d'impact.
5.1.4. Ligne HT Tihange - Verbrande Brug : impact sur le paysage
Les évaluations de l'impact de la ligne Tihange - Verbrande Brug sur l'intégrité du paysage (impact supplémentaire sur le morcellement à grande échelle) et sur l'identité du paysage donnent les résultats repris au tableau ci-après.
Ligne HT 380 kV Thiange-Verbrande Brug: impact sur le morcellement et sur l'identité du paysage
|
|
Modification de superfice de poches intègres |
Impact supplément. Sur le morcellement |
Impact total de la ligne (unité) |
Impact tot. moyen au km (unités/km) |
Impact en zone de couloir (unité) |
Impact en zone préservée (unité/km) |
Impact moyen au lm zones préservées (unités/km) |
|
Tihange- Avernas |
-25 % |
+12 % |
368 |
14,6 |
64 |
304,5 |
12,1 |
|
Avernas- Boutersem |
0 |
0 |
356 |
16,2 |
79,5 |
276,5 |
12,6 |
|
Boutersem- Pellenberg |
0 |
0 |
66,5 |
13,3 |
0 |
66,5 |
13,3 |
|
Pellenberg- Verbr. Brug |
0 (*) |
0 (*) |
0 (*) |
|
|
|
|
Unités= unités d'impact calculées selon méthodologie décrite au § 3.4
(*) Pellenberg- Verbrande Burg: la ligne projetée remplace la ligne 150 kV existante
1) Effet de coupure visuelle des grands paysages régionaux :
Pour le tronçon Vinalmont - Avernas, l'effet de coupure visuelle est maximal, cette partie de ligne traversant un des derniers grands espaces paysagers de la Hesbaye non encore perturbé par de grandes infrastructures et étant indépendante de toute infrastructure existante. Compensabilité : cet impact n'est pratiquement pas compensable et doit donc être considéré comme une atteinte majeure au paysage.
Pour le tronçon Avernas - Boutersem, le morcellement supplémentaire créé est très faible du fait du couplage continu aux infrastructures existantes.
Le tronçon Boutersem - Pellenberg, en site vierge, crée un effet de coupure visuelle, mais sur une longueur restreinte (5 km).
La nouvelle ligne Pellenberg - Verbrande Brug se substitue à la ligne existante et n'augmente donc pratiquement pas l'effet de morcellement.
2) Impact sur l'identité du paysage :
Dans le tronçon Vinalmont - Avernas, la ligne traverse des paysages ayant conservé une forte identité. Le caractère ouvert du paysage offre peu de possibilités pour réduire l'impact visuel qu'occasionnerait la ligne. Les possibilités de compensation à proximité sont faibles, étant donné la quasi - absence de lignes HT dans cette région.
Pour le tronçon Avernas - Boutersem, le concept de couplage montre ses limites : l'ajout d'une ligne HT sur le couloir d'infrastructures déjà fort important (autoroute + TGV) rend toute insertion paysagère délicate. Les possibilités de compensation sont faibles.
Le tronçon Boutersem - Pellenberg représente 5 km de ligne en site vierge et de qualité paysagère moyenne.
De Pellenberg à Verbrande Brug, le tracé traverse plusieurs zones de contraintes, mais l'utilisation du couloir de la ligne existante n'entraîne qu'un impact supplémentaire faible sur l'identité des paysages traversés.
3) Visibilité :
Les calculs de visibilité montrent peu de zones d'ombre pour le sommet de la ligne.
4) Interaction entre la ligne et la structure du paysage :
Le calcul des surfaces (km2) concernées par les interactions négatives et très négatives entre la ligne et la structure du paysage, selon la méthodologie décrite au § 3.4, donne un résultat de 45.3 km2. Ces effets se marquent lors de la traversée de la Hesbaye et lors du passage de petites vallées.
5) Aspects "Aménagement du territoire"
Dans le tronçon Avernas - Boutersem, plusieurs zones désignées au plan de secteur comme étant d'intérêt paysager sont coupées par la ligne HT, mais ces zones sont déjà coupées par l'autoroute.
Dans le tronçon Boutersem - Pellenberg, la ligne coupe une zone désignée au plan de secteur comme étant d'intérêt paysager. Cette zone n'est actuellement pas traversée par une grande infrastructure.
5.2. Quantification des impacts environnementaux de la ligne aérienne HT Tihange - Courcelles
Cette ligne 380 kV 2 ternes est une ligne complémentaire à la ligne existante Tihange - Courcelles 380 kV 2 ternes.
La nouvelle ligne Tihange - Courcelles (voir carte) a une longueur de 72 km et est composée de plusieurs tronçons caractéristiques distincts:
- le tronçon Tihange - Vinalmont (4 km);
- le tronçon Vinalmont - Vîllers-le-Bouillet (4 km);
- le tronçon Villers-le-Bouillet - Couthuin (5,5 km) : couplage avec l'autoroute et passage à travers le parc naturel des vallées de la Méhaigne et de la Burdinale;
- le tronçon Couthuin - Daussoulx (20 km) : couplage avec l'autoroute;
- le tronçon Daussoulx - Rhisnes (7,5 km): couplage avec une ligne HT existante;
- le tronçon Rhisnes - Courcelles (31 km): couplage avec une ligne HT existante.
5.2.1. Ligne HT Tihange - Courcelles: impact sur le milieu physique
L'impact sur le milieu physique est peu significatif (en comparaison avec les autres aspects) pour les lignes aériennes.
5.2.2. Ligne HT Tihange - Courcelles: impact sur le milieu biologique
Les points d'impacts sur le milieu biologique sont peu nombreux (5). La plupart concernent des zones boisées qui sont déjà traversées par des infrastructures existantes (lignes HT, autoroutes). L'impact attendu sur le milieu biologique est, de ce fait, réduit (pas de morcellement supplémentaire, perte de biotopes limitée).
A l'ouest de Vinalmont et après la jonction avec l'autoroute, la ligne traverse, sur une longueur de 5,5 km, le parc naturel des vallées de la Méhaigne et de la Burdinale, qui est une zone de contrainte importante. La traversée du parc naturel est faite en couplage direct avec l'autoroute existante et l'impact peut donc être considéré comme réduit.
Ligne HT 380 kV Tihange-Courcelles : impact sur le milieu biologique
|
Longueur des zones vulnérables |
A la place d'une ligne existante (km) |
Couplage avec une grde infrastruct. (km) |
Tracé en site vierge (km) |
Total (km) |
|
Longueur totale |
0 |
48,5 |
19,4 |
67,9 |
|
Zones 1 |
0 |
46,1 |
16,7 |
62,8 |
|
Zones 2 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Zones 3 |
0 |
1,5 |
1 |
2,4 |
|
Zones 4 |
0 |
1,1 |
1,6 |
2,7 |
|
Valeurs d'impact |
Unités d'impact |
Unités d'impact |
Unités d'impact |
Unités d'impact |
|
Méthode linéaire |
0 |
27,5 |
26,2 |
53,7 |
|
Méthode exponent. |
0 |
30,5 |
33,8 |
64,3 |
Zones 1 = zones peu vulnérables Zones 3 = zones très vulnérables
Zones 2 = zones vulnérables Zones 4 = zones extrêmement vulnérables
Unités d'impact : calculées selon la méthodologie décrite au § 3.2
5.2.3. Ligne HT Tihange - Courcelles : impact sur le milieu humain
De nombreux petits noyaux urbains, villages et sites sont longés par le tracé. 43 points sensibles sont relevés, dont 26 sont affectés par la nouvelle ligne seule et 17 sont affectés par la nouvelle ligne accolée à une ligne existante.
Dans le tronçon Tihange - Vinalmont, 2 points sensibles sont détectés. Dans le tronçon Vinalmont -Villers-le-Bouillet, 2 points sensibles sont détectés. 5 points sensibles sont détectés dans le tronçon Villers-le-Bouillet - Couthuin, 9 points sensibles de Couthuin à Daussoulx, 6 points sensibles de Daussoulx à Rhisnes et 19 points sensibles de Rhisnes à Courcelles.
5.2.4. Ligne HT Tihange - Courcelles : impact sur le paysage
Les évaluations de l'impact de la ligne Tihange - Courcelles sur l'intégrité du paysage (impact supplémentaire sur le morcellement à grande échelle) et sur l'identité du paysage donnent les résultats repris au tableau ci-après.
|
|
Modification de superficie de poche intègres |
Impact supplément. Sur le morcellement |
Impact total de la ligne (unités) |
Impact tot moyen au km (unités/km) |
Impact en zone de couloir |
Impact en zone préservée (unités) |
Impact moyen au km zones préservées (unités/km) |
|
Tihange-Courcelles |
-5% |
+15% |
1016 |
14,5 |
691 |
325 |
4,7 |
Unités = unités d'impact calculées selon la méthodologie décrite au § 3.4
1) Effet de coupure visuelle des grands paysages régionaux :
En ce qui concerne l'intégrité des paysages régionaux, la ligne entame faiblement le sud de la plus grande poche hesbignonne et de façon limitée le Brabant méridional. Le tracé suit en grande partie les infrastructure s autoroutières et électriques existantes du sillon mosan. Il passe donc essentiellement en-dehors des poches intègres des paysages régionaux, ce qui implique que la ligne n'a que peu d'impact supplémentaire sur le morcellement du territoire.
2) Impact sur l'identité du paysage :
Dans la partie est du tracé (côté Tihange), la ligne occasionne un impact important dans des paysages sensibles et affecte la partie méridionale du parc naturel des vallées de la Méhaigne et de la Burdinale. Compensabilité: pas de possibilité de compensation de cet impact important dans les lignes HT à proximité.
Dans la partie ouest du tracé, l'impact sur l'identité du paysage reste réduit en raison de la préexistence du couloir visuel de la ligne HT existante, mais la nouvelle ligne crée une augmentation de l'encombrement visuel (2 lignes HT parallèles sur environ 30 km). Compensabilité: le potentiel de compensation apparaît plus important au sud du sillon mosan (présence de lignes 150 kV et 70 kV qui pourraient être remplacées par des liaisons souterraines), mais ces possibilités de compensation ne concernent cependant pas le même paysage au sens strict.
3) Visibilité :
Les calculs de visibilité montrent peu de zones d'ombre pour le sommet de la ligne.
4) Interaction entre la ligne et la structure du paysage :
Le calcul des surfaces (km2) concernées par les interactions négatives et très négatives entre la ligne et la structure du paysage, selon la méthodologie décrite au § 3.4, donne un résultat de 107.4 km2. Ces effets se marquent lors de la traversée du pare naturel et lors de la traversées de vallées, notamment dans le tronçon Rhisnes - Courcelles.
5) Aspects "Aménagement du territoire" :
Le point le plus problématique est la traversée, depuis Villers-le-Bouillet jusqu'à Couthuin, du parc naturel des vallées de la Méhaigne et de la Burdinale.
De Couthuin à Daussoulx, quelques zones désignées d'intérêt paysager au plan de secteur sont longées par la ligne.
De Daussoulx à Rhisnes, une zone désignée d'intérêt paysager au plan de secteur est coupée par la ligne (cette coupure peut être supprimée par une modification locale du tracé; une telle modification a été proposée par la CRAT).
De Rhisnes à Courcelles (couplage avec la ligne 380 kV Tihange - Courcelles existante), il y a coupure d'une zone désignée d'intérêt paysager au plan de secteur.
5.3. Quantification des impacts environnementaux de la liaison souterraine HT Tihange - Avernas
La liaison Tihange - Avernas (voir carte) a une longueur totale d'environ 24,5 km et est composée de 2 tronçons caractéristiques distincts - le tronçon Tihange - Vinalmont (4 km); - le tronçon Tihange - Avernas (20,5 km).
Compte tenu des très nombreuses difficultés techniques pour assurer la traversée de la Meuse par câbles souterrains ainsi que les nombreuses difficultés techniques et les impacts sur le milieu physique pour la montée de Tihange vers Vinalmont, la liaison Tihange Vinalmont se ferait vraisemblablement par ligne aérienne (adjonction d'un terne supplémentaire 150 kV sur la nouvelle ligne projetée 380 kV 2 ternes Tihange Courcelles).
En ce qui concerne la liaison par câble souterrain de Vinalmont à Avernas, en fonction de la puissance électrique à transporter, il est nécessaire d'installer 3 x 3 câbles 150 kV, ce qui exige une tranchée de 7 m de largeur dans une zone de travail de 24 m de largeur minimum. Ce type de liaison ne peut s'installer en voirie et il est donc indispensable d'envisager dans ce cas une liaison de type " cross-country ".
Le tracé possible de cette liaison " cross-country " par câbles souterrain a été fourni par CPTE et les évaluations d'impact sur l'environnement ont été réalisées selon la méthodologie décrite au § 4.
5.3.1. Liaison souterraine HT Tihange - Avernas : impact sur le milieu physique
1 ) Sensibilité au compactage et à la modification de structure :
Environ 82% des sols dans une bande de 250 m de part et d'autre du tracé sont classés comme sensibles et très sensibles au compactage et à la modification de structure. La plus grande partie est due à des sols limoneux le long du tracé. Environ 13.4% des sols sont en classe 2 et sont peu sensibles à la modification de structure, mais très sensibles au compactage.
Liaison souterraine Tihange-Avernas 150 kV: sensibilité des sols au compactage et à la modification de structure
|
Classe |
Sensibilité au compactage |
Sensibilité à la modification de structure |
% |
|
1 |
Moyenne |
Faible |
0,3 |
|
2 |
Forte |
Faible |
13,4 |
|
3 |
Moyenne |
Moyenne |
27,6 |
|
4 |
Moyenne |
Forte |
54,8 |
|
5 |
(1) |
(1) |
3,9 |
(1)Terrains bâtis ou perturbés
2) Sensibilité à l'érodibilité :
La plus grande partie des sols (27,7 % + 19,1 % = 46,8 %)-dans une bande s'étendant à 250 m de part et d'autre du tracé est considérée comme moyennement et fortement sensible à l'érodibilité.
Liaison souterraine Tihange-Avernas 150 kV: sensibilité des sols à l'érodibilité
|
Classe |
Sensibilité à l'érodibilité |
% |
|
1 |
Faible |
3,1 |
|
2 |
Modérée |
46,2 |
|
3 |
Moyenne |
27,7 |
|
4 |
Forte |
19,1 |
|
5 |
(1) |
3,9 |
(1)Terrains bâtis ou perturbés
Effets dans la zone de travail
Les effets dans la zone de travail (1 0 à 12 ni de part et d'autre de l'axe du tracé) se situent principalement dans la couche supérieure. Les impacts sur le sols sont causés par le passage d'engins lourds, la mise en batterie de machines et l'entreposage de matériaux sur les sols non durcis.
La dégradation se produit par un compactage des matériaux de surface et/ou de profondeur et dans la modification de structure et l'incrustation des couches supérieures. Ces effets se traduisent par une modification des caractéristiques intrinsèques des sols comme le poids volumique et la porosité.
Une réduction de porosité entraîne une diminution de la capacité d'infiltration des sols et un risque d'augmentation de l'érosion par l'eau de ruissellement. La conséquence est une augmentation des pertes de nutriments, ce qui peut donner des diminutions de rendement et des changements dans la végétation naturelle.
Les évaluations de la sensibilité à l'érosion et à la modification de structure faites à partir des cartes montrent qu'il est important de tenir compte de la vulnérabilité des sols le long du tracé. La plupart des sols sont en classe de sensibilité 3 et 4 et sont par conséquent très sensibles à l'érosion et à la modification de structure. Les sols de classe 3 et 4 sont principalement situés dans la partie centrale et dans la partie située au nord du tracé. Dans la partie sud du tracé, la plus grande partie des sols sont de classe 2. Ces sols sont moins sensibles aux modifications de structure parce qu'ils contiennent de plus grandes proportions de pierres. En outre, quelques-uns de ces sols sont situés sous des bois, ce qui fait qu'ils ont une teneur en humus relativement élevée et sont donc moins sensibles aux modifications de structure.
Les calculs de sensibilité à l'érosion montrent qu'une grande partie des sols est sensible ou très sensible à l'érosion (classes 3 et 4). Ces résultats sont du reste en accord avec les résultats des travaux de Pauwels et al (1980) et Declercq et Poesen (1991) relatifs à la sensibilité à l'érosion des sols de Belgique. La cause est ici la teneur en limon et en argile des sols et la faible teneur en sables. Les sols les moins sensibles à l'érosion (classes 2 et 1) sont ceux qui sont situés sur le plateau ou dans les vallons plats.
En conclusion, on peut considérer que le critère " sol " ne pose pas d'obstacle majeur à la pose des câbles souterrains dans la zone du tracé envisagé de Vinalmont à Avernas (partie située sur le plateau de Hesbaye). Il est possible de mettre au point des règles spécifiques pour prévenir les effets négatifs et pour atténuer les effets négatifs rélictuels, ainsi que des mesures de compensation.
5.3.2. Liaison souterraine HT Tihange - Avernas : impact sur le milieu biologique
La carte d'évaluation biologique ne couvre pas la zone du tracé prévu pour le câble souterrain Tihange - Avernas. Les données de base sont les cartes de terrain établies par l'ULG (Unité d'écologie terrestre) au cours des années 1980, actualisées par les photos aériennes (échelle 1/20.500) de 1995.
Idéalement, ces cartes devraient être vérifiées et actualisées par des travaux de terrain, ce qui demande des délais plus longs et sort du cadre de la présente étude.
Le tableau ci-après donne la longueur et la superficie des zones coupées par le tracé prévu du câble Tihange - Avernas, selon les 4 classes de vulnérabilité des écotopes définies ciavant (voir § 4.2). La superficie a été calculée en multipliant les longueurs par la largeur totale prévue de la bande de travail, soit 24 m. Pour les évaluations reprises ci-dessous, il est considéré que la première partie de la liaison au départ de Tihange est réalisée sous forme de ligne aérienne.
Liaison par câble souterrain 150 kV Vinalmont-Avernas : impact sur le milieu biologique
|
Classe de vulnérabilité des écotopes |
Classe 1 |
Classe 2 (vulnérable) |
Classe 3 |
Classe 4 (extrêmement vuln.) |
|
Longueur (km) |
20,6 |
0 |
1,6 |
0,8 |
|
Surface (en ha) |
51,4 |
0 |
4,1 |
2,0 |
Le tracé recoupe 1.6 km de zones très vulnérables (classe 3) et 0.8 km de zones extrêmement vulnérables (classe 4). La bande de travail de l'ensemble du tracé est de 58.5 ha, dont 4.1 ha de zone très vulnérable et 2 ha de zone extrêmement vulnérable. Les zones vulnérables coupées par la liaison se situent dans la partie nord, et concernent des plantations de peupliers ainsi que des zones de prairies avec chemins creux et des rangées d'arbres, haies, etc.
5.3.3. Liaison souterraine HT Tihange - Avernas : impact sur le milieu humain
Le tracé en " cross-country " évite les zones bâties. Les restrictions concernent l'utilisation du sol dans la bande où est localisé le câble, notamment le fait qu'aucune construction ou infrastructure permanente ne peut être érigée au-dessus de la tranchée. La bande de terrain et une zone de travail doivent rester libres d'accès pour permettre l'accès au câble pour réparation en cas d'incident.
L'impact le plus important pour la population est la gêne provoquée pendant les travaux de pose des câbles souterrains.
5.3.4. Liaison souterraine HT Tihange - Avernas : impact sur le paysage
L'impact paysager du câble souterrain doit être établi à partir d'une analyse fine (documents cartographiques au 1/10.000 et au 115.000). Les cartes existantes doivent être actualisées et complétées par des travaux de terrain, ce qui demande un temps plus long et sort du cadre de la présente étude.
Les impacts paysagers ne devraient pas à priori être importants et des mesures d'évitement, d'atténuation et de compensation (qui doivent se rapporter à la structure du paysage) pourraient être proposées
Par contre, pour la traversée de la Hesbaye, il y a de fortes chances de rencontrer des sites archéologiques importants. Dans ce cas, les travaux devraient être arrêtés pour examiner les sites rencontrés et une alternative de tracé éventuellement recherchée.
Le présent rapport reprend les résultats de l'analyse environnementale des liaisons HT
envisagées :
- la ligne aérienne 380 kV Tihange - Verbrande Brug (longueur 90 km);
- la nouvelle ligne aérienne 380 kV Tihange - Courcelles (longueur 72 km) et la liaison souterraine 150 kV Tihange (Vinalmont) - Avernas (longueur 24,5 km).
Cette analyse porte sur une partie des questions posées par le Gouvernement fédéral en ce qui concerne l'aspect " transport d'électricité " du plan d'équipement en moyen de production et transport d'énergie électrique pour la période 1995 - 2005.
Le groupe d'experts rappelle que, en examinant de façon individualisée les aspects environnementaux des liaisons HT, n'est abordé qu'un sous-ensemble particulier de la problématique globale de la filière énergétique par rapport à l'environnement et au développement durable.
Les experts soulignent dès lors que l'approche qui est développée à l'occasion de cet examen particulier des effets environnementaux des liaisons HT, devrait être utilisée dans un débat plus large, notamment pour que l'évitement ou la réduction des impacts environnementaux des liaisons HT soient explicitement pris, en compte dès le début du processus de planification relatif à l'opportunité et la localisation des sites de production d'énergie électrique et relatif aux puissances qui y sont installées.
Gardant à l'esprit ces éléments, les résultats de l'analyse environnementale des liaisons HT envisagées (Tihange - Verbrande Brug, Tihange - Courcelles et Tihange - Avernas) peuvent être appréciés à partir des 3 tableaux de synthèse ci-après.
Les quantifications des impacts réalisées selon les méthodes décrites dans les chapitres précédents ont été traduites par une échelle de valeur à 4 niveaux: impacts non dommageables, impacts peu dommageables, impacts moyennement dommageables, et impacts très dommageables (avec mise en évidence éventuelle d'atteintes majeures), et ce pour les 4 types d'impacts retenus (impacts sur le milieu physique, sur le milieu biologique, sur le milieu humain, sur le paysage). Les critères utilisés sont identiques ou de même nature, ce qui permet les comparaisons.
On constate que les deux lignes aériennes HT envisagées présentent toutes les deux des incidences négatives importantes sur plus de la moitié de leur trajet.
Il faut toutefois noter que, pour les deux lignes aériennes envisagées, ces incidences négatives importantes peuvent être réduites sur environ un quart du trajet si le balisage rouge et blanc des pylônes situés le long des autoroutes est supprimé.
D'une ligne à l'autre aussi bien que d'un tronçon à l'autre d'une même ligne, les incidences négatives importantes proviennent de types d'impacts différents. Dès lors, les résultats ont été présentés de façon détaillée, par type d'impact et par tronçon.
De cette manière, l'ensemble de l'information utile est fournie aux décideurs. L'appréciation globale de l'impact de chaque liaison dépend des poids relatifs accordés aux différents types d'impacts, cette pondération étant par essence une démarche de nature politique.
Des appréciations générales pour les différents types d'impacts sont données ci-après.
Du point de vue impact sur le milieu physique, les deux lignes ont un impact faible.
Pour ce qui est de l'impact sur le milieu biologique, les deux lignes ont un impact global pratiquement égal.
Du point de vue impact sur le milieu humain :
a) la ligne Tihange - Verbrande Brug (90 km environ) présente 12 points sensibles lors de la traversée de la Hesbaye et dans le tronçon Avernas - Boutersem - Pellenberg. La partie Pellenberg -Verbrande Brug remplace la ligne 150 kV existante, ce qui donne un impact réduit.
b) la ligne Tihange - Courcelles (72 km environ) présente 43 points sensibles, dont 19 dans le tronçon Rhisnes - Courcelles (ce chiffre est légèrement réduit si certaines modifications locales du tracé sont adoptées, comme proposé par la CRAT).
En ce qui concerne l'aspect " impact sur le paysage ", les résultats sont les suivants :
a) Pour la ligne Tihange - Verbrande Brug ( longueur totale environ 90 km) :
b) Pour la ligne Tihange - Courcelles (longueur totale environ 72 km) :
D'une manière générale, du point de vue impact paysager, le balisage systématique des pylônes en rouge/blanc actuellement imposé constitue un renforcement de l'impact pour les deux projets de liaisons envisagées. Il est primordial que soit réexaminé, avec les autorités compétentes, l'utilité de maintenir telle quelle cette imposition, qui semble ne pas être appliquée de façon aussi systématique dans les autres états européens voisins et pour laquelle des alternatives techniques visuellement moins agressives existent.
En ce qui concerne l'aspect " impact indirect " des nouvelles liaisons HT envisagées, c-à-d la modification des pertes électriques induite par la mise en service de ces nouvelles liaisons, les données techniques montrent que, dans la configuration actuelle du parc des centrales et du réseau HT :
Ligne aérienne 380 kV 2 ternes Tihange-Verbrande Brug
Synthèse des impacts environnementaux
|
Tronçon |
Longueur (km) |
Milieu physique |
Milieu biologique |
Milieu humain |
Paysage |
|||
|
morcellt |
Identit. |
Interact. |
Aménagt territoire |
|||||
|
Tihange - Vinalmont |
4 |
< |
XX |
X |
X |
X |
X |
X |
|
Vinalmont - Avernas |
20,5 |
< |
X |
X |
XXX |
XX |
XX |
X |
|
Avernas - Boutersem |
28 |
< |
X |
XX |
< |
XXX (1) |
X |
XX |
|
Boutersem - Pellenberg |
5 |
< |
X |
XX |
X |
XX |
< |
XX |
|
Pellenberg - Verbrande Burg |
35 |
< |
< |
X |
< |
X |
< |
X |
Légende:
Importance des impacts :
< = impact non dommageable
X = impact faiblement dommageable
XX = impact moyennement dommageable
XXX = impact très dommageable
|
|
|
|
Atteinte importante
Atteinte majeure
(1) XXX pourrait être réduit à XX en cas de suppression du balisage rouge/blanc des pylônes le long des autoroutes
Liaison souterraine 150 kV Tihange-Avernas
Synthèse des impacts environnementaux.
|
Tronçon |
Longueur (km) |
Milieu physique |
Milieu biologique |
Milieu humain |
Paysage |
|||
|
morcellt |
Identit. |
Interact. |
Aménagt territoire |
|||||
|
Tihange - Vinalmont |
4 |
|||||||
|
Vinalmont - Avernas |
20,5 |
X |
X |
< |
< |
< |
X |
|
Thiange - Vinalmont : ligne aérienne Tihange - Avernas : ligne souterraine
Légende:
Importance des impacts :
< = impact non dommageable
X = impact faiblement dommageable
XX = impact moyennement dommageable
XXX = impact très dommageable
Ligne aérienne 380 kV 2 ternes Thiange - Courcelles
Synthèse des impacts environnementaux
|
Tronçon |
Longueur (km) |
Milieu physique |
Milieu biologique |
Milieu humain |
Paysage |
|||
|
morcellt |
Identit. |
Interact. |
Aménagt territoire |
|||||
|
Tihange - Vinalmont |
4 |
< |
XX |
X |
X |
X |
X |
X |
|
Vinalmont - Villers le Bouillet |
4 |
< |
X |
X |
X |
XXX |
X |
XXX |
|
Villers le Bouillet - Couthuin |
5,5 |
< |
X |
XX |
< |
XXX (1) |
XX |
XXX |
|
Couthuin - Daussoulx |
20 |
< |
X |
XX |
< |
XXX (1) |
< |
X |
|
Daussoulx - Rhisnes |
7,5 |
< |
X |
XX |
XX |
XX |
X |
X |
|
Rhisnes - Courcelles |
31 |
< |
X |
XXX |
< |
XX |
XXX |
X |
Légende:
Importance des impacts :
< = impact non dommageable
X = impact faiblement dommageable
XX = impact moyennement dommageable
XXX = impact très dommageable
|
|
|
|
Atteinte importante
Atteinte majeure
(1) XXX pourrait être réduit à XX en cas de suppression du balisage rouge/blanc des pylônes le long des autoroutes