Introduction
Nous, qui avons choisi de vivre en Hesbaye, et plus particulièrement dans cette région de Hannut-Waremme, nous ne souhaitons certainement pas voir notre cadre de vie se détériorer sans réagir.
Défendre notre cadre de vie, notre environnement, tel est le but de cette nouvelle a.s.b.l.
Pourquoi parler maintenant de défense de notre environnement ?
Parce qu’il existe un projet d’implantation d’une ligne à très haute tension (380.000 volts) qui doit relier Tihange à Landen en passant par Hannut. 380.000 volts, ce sont des pylônes de 60 mètres tous les 400 mètres, à travers les campagnes, aux abords des villages, et même au-dessus de quelques habitations, car il est difficile dans notre région de trouver un tracé qui ne croise aucune habitation.
Ce projet existe depuis plusieurs années
Il s’agit d’une demande des électriciens. En janvier 1991, la commission régionale d’aménagement du territoire refuse un premier tracé direct VINALMONT - TOURINNE - AVERNAS - LANDEN. Les électriciens étudient alors deux autres tracés. Le premier VINALMONT - JENEFFE - FEXHE - WAREMME - BERLOZ - AVERNAS - LANDEN, envisagé pendant 3 ans, est abandonné suite au refus des autorités politiques influentes de Waremme. Le second VINALMONT - JENEFFE - FEXHE - DIETS - HEUR - RIJKEL - MUIZEN - NEERLANDEN - LANDEN - AVERNAS n’emprunte que des couloirs de lignes existantes mais est estimé à trois fois le coût de la ligne directe initialement proposée. Finalement en avril 1994, on en revient au projet de tracé direct qui traverse les communes de : HUY, WANZE, VILLERS-LE-BOUILLET, BRAIVES, GEER, HANNUT et au-delà LINCENT pour atteindre LANDEN. Une sous-station de 13 hectares est en projet à LINCENT.
Les lignes a haute tension entrainent des nuisances graves
La nuisance la plus manifeste est la destruction du paysage. Des pylônes géants dans une région plate comme la Hesbaye, c’est le coup de poing permanent. Où que vous soyez, où que vous alliez, il vous sera impossible d’échapper à l’omniprésence de ces échafaudages disgracieux. Evidemment, il n’y a guère de polémique sur la réalité de cette nuisance.
Mais, lorsque les effets sont plus diffus, comme ceux sur la santé des personnes exposées aux champs électriques et électromagnétiques générés par le passage du courant sur de telles lignes, la polémique bat son plein. Les électriciens nient tout effet nocif sur la santé. En face, des associations, des scientifiques indépendants, des autorités politiques insistent sur les effets néfastes d’une exposition permanente aux champs électromagnétiques créés par la haute tension ( liaison avec certaines formes de cancer). Les champs électromagnétiques, en agissant sur le système nerveux central, activent les mécanismes de défense au stress. Or il faut savoir que le stress chronique peut produire une large variété de maladies et de conditions pathologiques : perturbations du métabolisme (frilosité, lenteur, apathie intellectuelle,...), augmentation de la pression sanguine et de la production de cortisone, maladies cardiaques, rénales, gastro-intestinales (ulcères) et nerveuses, éventuellement maladies vasculaires, et surtout aggravation des maladies déjà présentes.
Il faut cependant reconnaître que la combinaison de multiples effets perturbateurs rend très difficile la recherche des relations directes de cause à effet. Cela ne doit cependant en aucun cas conduire à nier les faits, d’autant plus que les études épidémiologiques réalisées sont convergentes et révélatrices. Un conseil généralement donné suite à ces études est de ne pas habiter à moins de 250 m d’une ligne à haute tension, mais cette distance peut être beaucoup plus importante là où l’eau abonde en sous-sol, comme dans les nappes aquifères de notre région.
Et il faut encore évoquer le bruit irritant généré par le passage du courant sous certaines conditions climatiques.
Cette nouvelle ligne n’est pas necessaire !
La Belgique est déjà quadrillée par un réseau de lignes à très haute tension (380.000 V) et haute tension (220.000 V) d’une longueur totale de 1100 km et de lignes haute tension à 150.000 V sur plus de 2100 km. Doel et Tihange sont déjà interconnectés, et le réseau belge est interconnecté à celui d’EDF en France et aux réseaux hollandais et allemand. La sécurité d’approvisionnement du pays en électricité est d’ores et déjà garantie.
Alors, pourquoi cette proposition des électriciens ?
Le gigantisme et la concentration des unités de production électrique actuelles (Tihange, Doel) entraîne la multiplication et le gigantisme des lignes de transport. Les lignes à très haute tension de 380.000 volts servent, d’une part à interconnecter les sites de production et, d’autre part, à assurer la circulation de l’énergie électrique achetée ou vendue à l’étranger. L’objectif de cette ligne est clairement commercial : demain, l’Union Européenne instaurera la libéralisation du marché de l’électricité et les grands monopoles actuels devront ouvrir leurs réseaux à l’énergie produite par d’autres firmes dans d’autres pays européens. Les électriciens belges veulent à ce moment pouvoir offrir des services de transport, moyennant rétribution, et permettre ainsi à EDF en France de vendre sa surproduction électrique d’origine nucléaire, aux Pays-Bas par exemple.
Pourquoi devrions-nous subir ainsi les inconvénients de nouvelles lignes pour permettre à des pays qui refusent de produire chez eux l’énergie électronucléaire - sans doute dans le souci du respect de leur environnement - et pour permettre aux électriciens de gagner encore plus d’argent, car la crise ne semble pas les atteindre, eux ?
Il est difficile de croire qu’il s’agit là de projets d’utilité publique...Ne sont en jeu que des intérêts économiques privés.
L’argument utilisé des besoins en électricité des futures lignes de TGV ne tient pas. Le TGV n’a pas besoin de toute cette puissance et ne justifie pas une nouvelle ligne à 380.000 volts.
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